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RESULTATS CONCOURS 2005 "LE
TEMPS"
IXe concours Calliope
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1er
prix Dominique
Pffaf (Strasbourg)
Le
temps
Tant pis si le tempo est né d'un
pas de
Dieu
Qui prit son temps pour orner
l'espace de son
jeu !
Devant lui l'éternité. Derrière
lui aussi.
Dans sa nuit, il créa une goutte
de lueur,
Lourde, pleine, ronde, elle
rebondit en apesanteur
Goutte à goutte,vie à vie, vite,
elle se multiplie.
Sur l'échelle courbe du temps,
danse à trois
temps :
Celui qui vit, celui qui dort,
celui qui meurt.
Fini ? Non ! Remontée vers la
source à son heure,
Au bout de sa logique joie de
renaissant.
Aujourd'hui, je danse sur le
tempo, pas passant
Rapide ou lent, qui meut sphères
et cadrans.
Temps suspendu aux lèvres
énigmatiques
Qui sourient immuables dans la
musique
Des chefs-d'ouvre inaltérables du
temps qui tique.
2
e
prix
Patricia Guenot (Paris)
Petite aiguille d'horloge
Dans la grande horloge murale,
Drapée d'un colossal ennui,
La petite aiguille poursuit
Sa partenaire qui cavale.
La régularité spirale
De ses pas dévide la nuit
En faisceau de chagrins
détruits
Par l'aurore aux lueurs
d'opale.
Elle s'achemine sans bruit
Vers le matin nouveau où luit
Un soleil à la joie lustrale.
Poussée par le quartz qui
conduit
Sa marche aux enjambées
égales,
Elle prie que le temps s'emballe.
3e prix
Patrick Clot (Grenoble)
Le sens
Le long du fleuve en crue nous
marchions en silence
Par une nuit sans lune au fond de
la vallée.
Comme en pèlerinage, nous allions,
hommes faits,
Visiter le jardin de toutes les
souffrances.
Arrivés à l'endroit planté de
noirs cyprès,
Il fallait patienter pour obtenir
la chance
De revivre à l'envers, du vieil
âge à l'enfance
L'intense bas-relief de nos vies
résumées.
Alors la nuit entière, en face du
miroir,
L'interminable foule égrenait son
histoire,
Les mains crispées au mur en
prière d'effroi.
Et des visages creux que l'on
reconnaissait,
Revenus du néant, vrais masques,
nous fixaient
De leurs yeux où brillait un
indicible éclat. |