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XIIe concours Calliope
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LES GAGNANTS 2008
1ere place : Françoise Jung (77)
Supplique à l'Idéal
Morpho, papillon bleu des forêts de Guyane
Je te coursais en vain, dans le creux des chemins
Pour saisir l'éclair bleu de tes ailes diaphanes
Sur un papier photo, l'appareil à la main.
Naïve vanité de vouloir capturer
Sur un simple papier un instant de beauté.
Le Beau, l'Amour, le Vrai fondent notre Idéal
Qui est dans notre ciel l'inaccessible étoile.
Nous naissons, nous vivons, nous courons pour saisir
D'éphémères lucioles, appâts de nos désirs.
Éternel Idéal, illumine nos choix
Fais rayonner nos cœurs et fructifier nos pas
Sur la terre des hommes où notre esprit côtoie
L'âpreté de l'ego reniant le divin
La mort de l'éphémère fardeau de l'être humain
Qui quitte ce rivage pour aborder le tien.
2e place : Vincent Vidal (86)
L’ Idéal
L’oiseau de feu s’en est allé… Il a sombré,
comme un soleil, à l’occident de nos espoirs.
Il s’est brisé en mille éclats, dans la nuit noire,
échoués sur les rivages de nos songes blessés…
Un souffle obscur a réveillé ces lueurs perdues.
Une main de lune a cueilli, fleurs éperdues,
ces âmes enlisées, ces étoiles mourantes…
Un jour nouveau se lève en ces terres mouvantes.
Un Idéal renaît, murmurant l’espérance,
d’entre les ruines et les temples en souffrance.
La pierre s’est émue, au cœur de la statue.
Et, dans les cieux, deux grandes ailes sont venues
d’un éternel pays de splendeur orientale,
déployer un rêve d’amour immémorial.
3e place : Y. Zerinini (77)
L’idéal, c’est un rêve
L’idéal, c’est un rêve, mais un rêve majuscule,
Qui se nourrit de songes ou de papier glacé,
Où je me vois Atlas, où je me sens Hercule,
Je possède le monde, je prends toute la place,
Je pose les fondations d’une demeure idéale,
J’y mets quelques enfants, une femme fatale,
Les gens partout m’écoutent et louent mes qualités,
Me demandent conseil, je fais autorité,
Mais ma vie semble terne, me viennent d’autres envies,
De soleils et de plages et de montagnes aussi.
Je rêve même d’autres mondes qui me sont inconnus,
Puis je m’envole oiseau, et monte jusqu’aux nues.
Le doute encore m’assaille, car le temps est bien court,
Je me fais immortel, c’est mon dernier recours,
Pour vivre toutes les vies, je fais fi des obstacles,
Et je suis mon public à mon propre spectacle.
Soudain je me réveille, et tout autour de moi,
Je vois les gens que j’aime et je sais bien, pourquoi,
Je n’ai jamais besoin de ces choses qui brillent,
Et qui nous rendent fous, mais sont vides coquilles.
L’Idéal, c’est nos vies, ici et maintenant,
Faudrait-il être sot pour penser autrement
4e place : Christian Bled (17)
Idées à liste
Entrez dans ma boutique, ici rien n'est banal
Et tout doit disparaître, liquidation totale.
Je vends de belles idées depuis bientôt 30 ans
Et j'ai toujours été honnête commerçant.
Jamais de l'occasion que des idées nouvelles,
Des théories somptueuses allant à l'essentiel,
Des révolutionnaires au rayon utopies
Et des avant-gardistes qui n'ont jamais servi,
Des courageuses à souhait et surtout libertines,
Des généreuses aussi tournées vers la lumière.
Oui mais plus difficile se fait la clientèle,
Les concurrents hélas ont de nouveaux modèles.
Aidés par les médias, les journaux, la télé,
Bientôt ils seront seuls au marché des idées
Vous ne trouverez chez eux ni notions ni concepts
Pas même un raisonnement que de l'idée toute faite
Que du prêt à penser, fini le sur mesure,
Du juste à consommer, du bouillon de culture
Et puis du noir aussi, de l'extra déprimant
Morbide homologué et bien sanguinolent.
Pour moi pauvre rêveur, c'est la fin d'une époque,
Mais vous n'hésitez pas, dévalisez mon stock.
Jeune encore vous êtes, vous saurez le nourrir
Et ne vous gênez pas, faites le donc servir.
Il reste des pensées tout à gauche en sortant
Je vous offre un bouquet et résistez longtemps
5e place : Sabine Brantus (67)
L’idéal, M’sieur…
L’idéal, M’sieur, c’est de pouvoir jouer
A la console toute la journée !
L’idéal ? C’est qu’ma mère arrête de me crier dessus
Alors qu’mon père, lui, il est jamais revenu !
L’idéal M’sieur, c’est qu’ma maîtresse parte en vacances
Affiche à sa porte toute l’année : en «grande absence» !
L’idéal ce serait que mon pote
M’adopte.
Qu’je devienne son vrai frère
Le Roi, comme lui, de son Père et d’sa Mère.
L’idéal M’sieur… c’est que j’aie plus mal au ventre la nuit
Quand j’ouvre les yeux et que j’suis tout mouillé dans mon lit.
L’idéal, c’est que je sache qui je suis
Quand nos voisins nous hurlent de retourner au pays.
L’idéal M’sieur : ça n’existe pas!
Sur cette foutue terre de misère y’a pas d’endroit.
Ou peut être … dans les bras de ma maman
Quand elle pleure contre moi,
Et m’embrasse doucement
Avant d’me dire : «je t’aime mon fils !»… tout bas.
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